15 avril 2019

dans un monde qui a perdu son centre, une rivière son lit, voilà qu’on découvre qu’il en reste
voilà qu’il y en a deux coup sur coup,
ce trou noir miracle, et cet autre trou maintenant.
notre creux était une étoile.
mais laissez Prévert le dire.
laissez votre mémoire trouver des images, vos mains aussi
Pourquoi faut-il des flammes pour que l’homme se réveille? (il se réveille mal ce matin)
Cet évènement (on peut pas l’appeler acte, n’ayant pas de cause, ou du moins pas de cause qui le défendrait)
C’est hors du temps – ah la divine erreur homérique.
Oui, elle vivait encore – ainsi fallait-il voir soudainement sa robe de pierre rejoindre le soleil dans un unique rouge,
soudainement aussi dé-fixer cette étoile, cette flèche
Maison-Dieu si j’ose dire (vous savez, ce tarot mal compris)
Mais pour quelle leçon?
L’étrangeté du sacré: pense: la matière, le lieu imprégné de religion, causé par la foi, en fait annule les particularités de cette foi, car l’aura du lieu est sensible à tous.
La foi n’a pas besoin de flammes pour rappeler son disciple à Dieu.
Et la foi de ceux qui l’ont faite est d’égale puissance: foi que demain quelqu’un en prendra le flambeau.
pardonne les méandres, si, toi le lisant, découvre ce poème gisant parmi le fil des Parques.
Sans nom, autre que Dame: le Temps l’avait faite, elle était son métronome.
Je laisse celui qui avait une plume faite d’yeux parler, Orson Welles:
https://www.youtube.com/watch?v=VGPPUY40Y7k
(en français: et ceci est debout depuis des siècles. le fleuron du monde occidental, et il est sans signature: Chartres. une célébration de la gloire de Dieu et de la dignité de l’homme. Pour nos artistes contemporains, tout ce qui semble rester de cela c’est l’homme, l’homme nu, radis à bras. Il n’y a plus de célébrations. Notre monde, disent les scientifiques, est un monde que l’on peut jeter, reprendre, disposer. Tu sais, ce pourrait être cette unique gloire anonyme, de toutes les choses, cette riche forêt de pierre, ce chant épique, cette gaieté, ce choeur criant d’affirmation, c’est cela que nous choisissons quand nos villes sont en poussière, afin de le maintenir debout, pour marquer où nous avons été, pour prouver ce que nous avions de force d’accomplissement. Nos oeuvres en pierre, en peinture, sur papier sont épargnés, pour quelques décennies ou bien un ou deux millénaires; mais tout doit finir par tomber en temps de guerre ou s’effiler vers l’universelle et ultime poussière. Cela autant pour les triomphes, que pour les faux, les trésors et les mensonges. C’est un fait de vie. On va mourir. ‘sois de bon coeur’, pleurent les artistes morts depuis leur passé vivant. ‘nos chansons vont toutes s’éteindre – mais à quoi bon? Continue de chanter. Peut-être le nom d’un homme n’est-il pas si important’)

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