Webern, 4 Stücke für Violine und Klavier opus 7

Something barely audible is motion. This is stasis of highest offspring. From the eighth notes bars one and two, to sixteenth at 5 to triplets on the second line, to the triplets of the last line. Audible emptiness since music allows to perceive what is latent – and make it present though non-existent. The bell bar 9, tolling unknown religions, like a pagan prayer. The last shiver is a beckettian one : the pseudo-tremolo bar 12: I think it is regular 32ds. Despite the writing, the feeling of despair of being stuck, in an arithmetical series of emotions. Closing off with the world’s thought, rather than an indistictive hauch. Believe it or not this thing moves. Webern’s sublime achievement of a series of swaying and twain thoughts encumbering each other. All arises yet still dwells in darkness, protected by it.

Sull’anima

Sotto l’anima

étrange que rien, aucun poème, aucune image, rien d’expérience ne soit appelé, convoqué par cet assemblage. le plus proche serait une action précise, une ἐκφράζειν “ekphrazeîn”, l’acte de décrire un objet en détail, en dé-taille. nous avons ici du détail, comme jamais, un souffle (comme quelqu’un qui chercherait à respirer au fond au double-fond de ses poumons), à peine visible.

je crois que c’est la pièce qui erre si peu qu’elle est à peine présente, et rarement la relation entre errance et présence, parfois (autrefois) si prégnante, est ici réduite à un rêve. à des cendres.

[…] being incapable of seeing, moving, thinking, speaking, but of which little by little, in spite of these handicaps, I shall begin to know something, just enough for it to turn out to be the same place as always, the same which seems made for me and does not want me, which I seem to want and do not want, take your choice, which spews me out or swallows me up, I’ll never know […]

S. Beckett, the Unnamable

même ce chant de flûte (seul chant possible) est comme un oiseau qui serait poserait sur ce qui est à peine une peau. Etrange à trouver sur nos instruments graves et creux. Voici qu’ici toute surface se répond, car absentée de son corps.

Here laws exist, and probably not all of them are in fact discoverable.

Ici des lois existent, il est probable que toutes ne puissent être découvertes.

A. Webern, le chemin vers la nouvelle musique

découvrable, dé-ouvrable. à travers l’œuvre et son ouverture, se rendre compte que l’illusoire est en fait nécessaire, que le nécessaire n’est pas illusoire, mais se révèle dans un retrait profond. C’est, Webern le dit (de ces quatre pièces opus 7), la seule oeuvre de son catalogue à n’être reliée à la mort de sa mère. Où veut-il en venir? Pourquoi alors un tel gouffre dans cette fausse sonate, pourquoi ce second mouvement qui énonce, déclame (comme un Boulez le déferlera dans les notations) les pentes montantes et tombantes du monde, de l’écoute du monde? Gardons encore nos oreilles. Mais elles savent écouter les reflets de certains sons (demain, un post sur Feldman?)

Cette musique, si douce soit-elle, n’est pas lointaine, n’est pas nostalgique (en ce sens, la mort de la mère n’a rien à voir). Elle est au contraire si présente qu’elle murmure, juste là, que son grain, son ‘phonon’ à nos ‘photons’, ses unités de son s’étirent, s’éparpillent comme de la poussière, s’éparpillent sans partir. Quel aveu de l’impossible. Du poids si fort de chaque entrée, alors que pianississimo est la nuance moyenne.

7 3.png

words and thoughts are but distractions.

 

la fin maintenant/now, the end.

ça nous vient d’un article génial sur la genèse de cette oeuvre https://www.jstor.org/stable/833353?read-now=1&refreqid=excelsior%3Ae39837a13db09f244e71fc34d5a18ed4&seq=4#page_scan_tab_contents

ms 7.4 ending.PNG

et voilà Webern à la fin d’une oeuvre, la quitte avec un voile: glisser sur toute la corde sol, comme un couteau de lin sur une toile. Après la musique de notes, l’âme s’enfante. Le plus étrange est qu’elle ne monte pas, mais trace une traînée, une nuée.

(Lachenmann et sa corporéité sont bien là, quelle est cette brume qui me touche?) chose corporelle. res corpora

je vous laisse méditer sur la signification de ce fil d’argent. Tentant, non?

huge discovery now. Webern had plans for a separate violin part for the 4 Stücke. it’s at the end of this document: https://www.themorgan.org/music/manuscript/115915 and here’s a tidbit:vln part.png

the fascination never stops does it?

 

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